Textes
Loi visant à sécuriser le mécanisme de purge des nullités
XVIIe législature. Vote décisif le 20 novembre 2024. Loi n° 2024-1061 du 26 novembre 2024. Dossier à l’Assemblée. Texte sur Légifrance.
Proposition de loi sénatoriale (François-Noël Buffet, Philippe Bonnecarrère), adoptée par le Sénat le 17 octobre 2024, puis sans modification par l'Assemblée le 20 novembre 2024 : loi n° 2024-1061 du 26 novembre 2024. En fin d'instruction, la décision de renvoi devant la juridiction de jugement « purge » la procédure : on ne peut plus y soulever les nullités antérieures. Le texte ajoute une exception pour les nullités que les parties n'auraient pu connaître, devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel, la cour d'assises et la cour criminelle départementale. En matière correctionnelle, il rétablit aussi la purge, abrogée le 1er octobre 2024 par le Conseil constitutionnel, avec cette exception. Il prive enfin de l'exception propre à l'ordonnance rendue sans respecter l'article 175 la partie dont la négligence ou la manœuvre a causé le défaut.
Ce que fait le texte
Police et justice, droit principal
Le texte restreint les garanties face à la police et à la justice. Au jour du vote, la purge des nullités devant le tribunal correctionnel était abrogée depuis le 1er octobre 2024 : le Conseil constitutionnel avait jugé qu'elle méconnaissait « le droit à un recours juridictionnel effectif et les droits de la défense », faute d'exception pour les nullités inconnues avant la clôture de l'instruction. Le prévenu renvoyé devant ce tribunal pouvait donc y soulever toute nullité. Le texte rétablit la purge, avec cette exception, et prive d'une autre exception la partie dont la manœuvre ou la négligence a causé le défaut. Comme une loi qui met le code en conformité avec la jurisprudence en plafonnant ce qu'elle accordait (règle 4), il restreint les garanties de la défense en matière correctionnelle, de loin la plus fréquente.
Points de vigilance
Critiques sourcées, affichées à côté du jugement sans le modifier.
En matière criminelle et contraventionnelle, où la purge s'appliquait sans exception au jour du vote, le texte ajoute l'exception pour les nullités que les parties n'auraient pu connaître. Le Conseil constitutionnel a jugé, neuf jours après le vote, que l'absence de cette exception devant la cour d'assises méconnaissait les droits de la défense.
Conseil constitutionnel
Le Conseil constitutionnel n'a pas été saisi de cette loi. Deux décisions portent sur la mesure. La décision 2023-1062 QPC du 28 septembre 2023 censure la purge des nullités devant le tribunal correctionnel, faute d'exception pour les nullités inconnues avant la clôture de l'instruction, et reporte l'abrogation au 1er octobre 2024. La décision 2024-1114 QPC du 29 novembre 2024 censure pour le même motif l'article 181 du code de procédure pénale (cour d'assises), dans sa rédaction antérieure à la loi.
Contester cette qualification. Chaque contestation est lue, et la qualification corrigée si elle est fondée.
Comment ce texte a été qualifié
Scrutin décisif : le vote sur l'ensemble du 20/11/2024 (V452, 57-7), seul vote de l'Assemblée sur ce texte, qui l'a adopté conforme. Le dossier date de la XVIe législature, le vote de la XVIIe. Ni motion de rejet ni amendement clé : aucun amendement n'a été mis aux voix par scrutin public. Le texte touche les garanties de la défense dans deux sens. Il ajoute partout l'exception aux nullités inconnues. En matière correctionnelle, il rétablit la purge et pose une condition (ni manœuvre ni négligence) à une autre exception. Le sens se lit par rapport au droit applicable au jour du vote, jurisprudence comprise (règle 4) : la purge correctionnelle était alors abrogée par le Conseil constitutionnel, et la rétablir restreint les garanties de la défense, comme une loi qui plafonne ce que la jurisprudence accordait. L'exception ajoutée en matière criminelle et contraventionnelle figure en vigilance.
Les numéros renvoient aux règles de la méthodologie.
Comment votent les groupes sur ce texte
Part des votes favorables aux droits (au sens du droit principal : le texte restreint les garanties face à la police et à la justice) sur le vote décisif.
Part des votes favorables aux droits, pondérée texte par texte. Abstentions et absences hors
calcul.
Les scrutins comptés
Le vote décisif pèse tout le texte. Chaque texte pèse autant dans le score.
Vote décisif
ensemble, 1re lecture, adoption sans modification du texte du Sénat (57-7)
20 novembre 2024. Adopté par 57 voix pour,
7 contre et 0 abstentions. Scrutin n° 452 sur le site de l’AN.
Ici, voter pour, c’est soutenir le texte : le vote favorable aux droits est contre.
Position des groupes
| Groupe | Position | Cohésion | Pour | Contre | Abst. |
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| RN | pour | 100 % | 21 | 0 | 0 |
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| EPR | pour | 100 % | 9 | 0 | 0 |
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| LFI-NFP | contre | 100 % | 0 | 7 | 0 |
|---|
| SOC | pour | 100 % | 9 | 0 | 0 |
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| DR | pour | 100 % | 3 | 0 | 0 |
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| ECOS | pour | 100 % | 2 | 0 | 0 |
|---|
| DEM | pour | 100 % | 2 | 0 | 0 |
|---|
| HOR | pour | 100 % | 6 | 0 | 0 |
|---|
| LIOT | pour | 100 % | 1 | 0 | 0 |
|---|
| GDR | pour | 100 % | 1 | 0 | 0 |
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| UDR | pour | 100 % | 2 | 0 | 0 |
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| NI | pour | 100 % | 1 | 0 | 0 |
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